Assis à même le sol, visage à même les bras,
Je me reprend encore à supplier le diable.
Genou contre mâchoire, cheveux tirés sous mes doigts,
Je suffoque et tremble de pleurs
Juste une goute, juste une seule...
Soignons l'immonde corps de mes larmes
Que des litres noirs et ternes se coulent de mon coeur.
Que de mon ventre enfin soit libérée ma ténébreuse âme,
Que jamais plus je ne revienne de ces tendres douleurs.
Encore... Transperce-moi la chair,
étouffe-moi la vie, puis jette-moi sous terre.
Coupe-moi allez, coupe-moi fort.
Je veux un dernier cri pour une ultime mort.
Je veux illuminer la nuit de mon âme sanglante,
Lorsqu'elle descendra en enfer.
Je veux une lune rouge et brillante,
Des souffrances fuyant mes pores en bouts de verres.
Et lorsque mon cadavre glacé, noyé sous le sang,
Te fixera de ses yeux pâles,
Je veux que tu les lui crèvent de ton doux ton tranchant,
Qu'on ne voit plus à travers, mon silencieux mal.
Déguise-moi alors sous le sable brûlant,
Que l'odeur de mon corps attire les vautours,
Puis va-t-en, laisse-moi là,
Pour rire, sous l'oeil fade du temps,
Pourrir un aller sans retour.